Un regard amusé sur l'actualité

L’obligation de la croissance
20 mars, 2015, 15 h 49 min
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Il y a quelques jours, j’ai eu l’opportunité de participer à un séminaire à Lyon qui était dédié à la croissance. La discussion la plus captivante à laquelle j’ai pu assister expliquait pourquoi celle-ci est un besoin fondamental pour notre société. Au cours du XXe siècle, le niveau de vie s’est mis à croître de manière sensible. A tel point que certaines personnes se demandent donc pourquoi notre société a encore un tel besoin de croissance. Ces personnes rattachent la croissance au matérialisme, au nivellement des normes et des valeurs, à la montée de l’oniomanie… Mais leur regard est, de toute évidence, partial. Il serait difficile de nier que sans la croissance, nous ne serions pas aujourd’hui envahis d’hypermarchés, d’embouteillages et de publicité à outrance. Mais, dans le même temps, nous ne pourrions pas non plus profiter de soins médicaux, des congés annuels, de l’instruction… C’est la croissance qui nous a donné l’opportunité de travailler moins longtemps qu’il y a un siècle. C’est aussi la croissance qui a rendu possible que la mortalité infantile n’ait jamais reculé à ce point, que certains pays ont pu généraliser l’éducation, que la redistribution a été rendue possible grâce aux prélèvements fiscaux. La croissance n’est donc pas un but en soi, mais elle ouvre des perspectives : elle n’est au final qu’un outil permettant à des hommes, des entreprises ou des populations d’améliorer leur sort. La façon dont ces entités gèrent ensuite cette croissance et dépensent le capital acquis participe de leur choix propre. Un pays comme la Chine profitera d’une plus grande prospérité pour investir dans nos vignobles, dans la sécurité nationale ou dans un système de sécurité sociale. Aux États-Unis, une telle prospérité sera allouée à la sécurité intérieure et au plein emploi. Le Qatar profitera des bénéfices de la croissance pour créer une piste de ski en plein désert. On peut exécrer certains de ces choix. Mais il faut reconnaître deux choses. 1. La croissance n’est pas en soi un objectif : c’est ce qu’elle permet à la société de faire. 2. Tout un chacun a sa propre idée sur la manière d’employer cette prospérité nouvelle. Mais, dans tous les cas, la croissance est primordiale. Sans croissance, une société n’a pas les capacités d’innover. Ce séminaire à Lyon a été passionnant de bout en bout. Si le thème vous intéresse, suivez le lien pour le calendrier des prochaines sessions que vous retrouverez sur le site de l’organisateur : http://www.agence-seminaire.fr/seminaires-france/agence-seminaire-rhone-alpes/agence-seminaire-a-lyon/

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Crémaillère de la BCE
20 mars, 2015, 15 h 47 min
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La Banque centrale européenne (BCE) inaugure son nouveau siège à Francfort. « Les deux tours de cette forteresse de l’austérité, qui ont coûté 1,3 milliard d’euros, arton4761-2eaf4sont le symbole du gouffre qui sépare les élites financières et politiques des populations », dénoncent des mouvements sociaux de toute l’Europe, qui invitent à une journée de manifestation. Pour passer à l’action contre l’austérité, ces mouvements organisent un blocage de la BCE, le 18 mars. Voici leur appel. Le 18 mars 2015, la Banque centrale européenne (BCE) veut inaugurer son nouveau siège à Francfort. La somme vertigineuse de 1,3 milliard d’euros a été dépensée pour construire ces tours jumelles de 185 mètres de haut qui ressemblent à une forteresse, entourée de clôtures et de douves. Cette intimidante architecture du pouvoir est un symbole parfait de la distance qui sépare les élites politiques et financières des populations. Le personnel et le matériel de bureau sont déjà en cours d’installation. Mais la grande cérémonie d’inauguration – en présence de plusieurs chefs d’État européens et de l’oligarchie financière – est désormais annoncée pour le mercredi 18 mars. Il n’y a pourtant rien à célébrer dans l’austérité et l’appauvrissement des populations ! Des milliers de personnes en colère et de militant-es déterminé-es de toute l’Europe vont bloquer les rues autour de la BCE et interrompre cette célébration du pouvoir et du capital, en ce jour de 144e anniversaire de la Commune de Paris. Nous allons prendre la fête en main et la transformer en lieu de jonction des résistances transnationales contre les politiques de crise en Europe et leurs conséquences catastrophiques, particulièrement pour les populations d’Europe du Sud. La BCE joue un rôle important dans l’infâme Troïka, responsable de coupes brutales, d’un chômage croissant et même de la désintégration du système de santé en Grèce et dans d’autres pays de l’UE. Avec la Commission Européenne et le Conseil de l’UE, la BCE a promu l’austérité, les privatisations et la précarité. Ils n’ont eu aucune hésitation à faire chanter des gouvernements élus pour imposer leurs attaques contre les droits sociaux des populations. Alors que la crise se développait, l’UE est devenu ce régime de plus en plus autoritaire où le manque de participation démocratique est criant. Les contrôles meurtriers aux frontières et la militarisation croissante de la politique étrangère aggravent ce processus. Ils ne peuvent pas – et ne veulent même plus – nous représenter. Les élites dirigeantes ne peuvent plus rien nous offrir. Mais de nouvelles forces émergent de chaque lieu de vie, c’est notre responsabilité de construire les solidarités et une vraie démocratie par la base. Ils veulent le capitalisme sans la démocratie, nous voulons la démocratie sans le capitalisme !

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Effectuation et fidélisation
20 mars, 2015, 15 h 46 min
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L’effectuation met en avant la nature sociale du processus entrepreneurial. Par cela, on entend que l’entrepreneur réussit en fédérant autour de lui un nombre croissant de ce que l’on appelle des parties prenantes, c’est à dire des acteurs qui s’engagent concrètement dans son projet en lui apportant des ressources. C’est ce que traduit le 3e principe de l’effectuation, le patchwork fou. Souvent ce principe est traduit un peu vite comme étant le principe de l’orientation client et, par extension, de la fidélisation client. C’est en fait très différent, voyons pourquoi. L’effectuation pose qu’en incertitude (qui caractérise les nouveaux marchés), ni l’entrepreneur ni les acteurs de son environnement ne savent vers où va ce dernier. La prédiction ne fonctionne pas parce que l’information disponible ne permet pas d’indiquer la nature de l’avenir (au contraire des ventes récentes de brosses à dents qui peuvent servir d’indicateur fiable des ventes des prochaines semaines). Incapable de prédire objectivement ce que sera l’avenir, c’est à dire plus précisément quel produit fabriquer, l’entrepreneur met alors à contribution son environnement et essaie de trouver un acteur qui, aussi perdu que lui, est néanmoins prêt à avancer d’un pas avec lui. L’entrepreneur lui dit donc: « pas plus que moi tu ne sais de quoi l’avenir est fait, mais nous pouvons décider ensemble d’avancer en nous mettant d’accord sur l’étape suivante ». A l’impuissance objective (manque d’information), l’entrepreneur subsiste donc une approche subjective avec le partenaire (donc plus précisément inter-subjective). On donne souvent l’exemple suivant: l’entrepreneur montre un prototype A à son client potentiel. Celui-ci répond: ça m’intéresse, mais j’aurais besoin de tels et tels changements pour obtenir A2. L’entrepreneur répond alors: si vous vous engagez à en prendre 5, je vous fais ces modifications ». Si le client accepte, il devient partie prenante au projet, qui dès lors peut avancer. Avant l’échange, l’entrepreneur voit l’avenir en A. Le client ne sait pas que A existe et imagine peut-être l’avenir en B. La rencontre crée A2, non prévu au départ par les deux parties. Mais ce principe de progression subjective par engagement de partie prenante peut être mis en œuvre avec n’importe quelle type de partie prenante. A ce titre, le client, dans la démarche effectuale, n’est qu’une partie prenante comme une autre et pas forcément la plus importante. Ainsi, pour démarrer, Michel et Augustin se sont tournés vers leur boulanger de quartier, au tout début, pas vers leurs clients: ils recherchaient un moyen de fabriquer leurs gâteaux et n’en produisaient pas assez pour mobiliser une usine. Observant que leur boulanger était fermé un jour par semaine (une vieille loi de la révolution qui perdure on ne sait trop pourquoi), ils sont allés le voir pour qu’il mette son local à disposition de jour-là, ce qu’il a accepté. On le voit, nous sommes loin des concepts d’orientation client et de fidélisation. Il n’est pas nécessaire que le premier client soit fidèle pour que le processus effectual progresse, et il n’est même pas nécessaire que les premières parties prenantes soient des clients (même s’il évidemment ça ne devrait pas trop tarder…)

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