Un regard amusé sur l'actualité

747 en péril
4 mai, 2015, 16 h 32 min
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J’ai beaucoup hésité à raconter cette expérience ; on se sent toujours un peu honteux d’avouer ses angoisses, surtout lorsqu’elles sont irrationnelles. Mais je me suis dit qu’elle pouvait être utile à ceux qui ont le même problème. Il y a dix ans, je voyageais en avion avec flegme. Mais je ne sais pas trop vraiment ni quand ni pourquoi, cela a commencé à changer. Je me suis mis à m’inquiéter quand j’étais censé prendre l’avion. Insidieusement, l’Atarax est devenu mon compagnon de voyage. Additionné d’alcool, histoire de faire un cocktail bien nocif. L’année dernière, ma moitié m’a donc offert un stage pour combattre cette phobie de l’avion. Mon stage s’est passé à Paris. Nous étions six participants (en grande majorité des femmes, mais c’était peut-être un simple hasard). J’ai rapidement compris qu’il y avait pire que moi, dans le domaine. J’étais angoissé lorsque je devais prendre l’avion mais je parvenais encore à voyager. Pour d’autres, c’était pire : une participante avait dû être débarquée avant même le décollage ! Elle avait fait une crise de panique et essayé de déverrouiller les portes. La psychologue a commencé par nous rassurer et nous a appris que nous étions loin d’être les seuls à être dans ce cas : en fait, 10 % de la population éprouve cette peur. La première partie de ce stage était psychologique, et a consisté à contrôler nos peurs affiliées à l’avion. Nous avons vite reconnu des expériences communes : fixer le personnel de bord pour voir si les hôtesses ne sont pas stressés, agripper les accoudoirs de son siège au décollage, être obsédé par tout ce qui peut arriver, etc. Croyez-moi, ça m’a fait beaucoup de bien de pouvoir enfin en rire. Puis la psychologue nous a montré comment nous détendre en utilisant la respiration abdominale. Enfin, l’après-midi, nous avons attaqué les choses sérieuses : découvrir le fonctionnement des avions. Un pilote de ligne en uniforme nous a donc parlé de sécurité en aéronautique, pour que nous puissions ensuite lui poser toutes les questions possibles (que se passe-t-il si un oiseau traverse un réacteur ? Est-il possible qu’une vitre se brise et que les passagers soient éjectés de l’avion ?). Au bout de deux heures de discussions, nous sommes finalement passés à la troisième partie, la plus récréative : nous avons piloté un Boeing 737. Le simulateur de vol à bord duquel nous sommes montés était la parfaite réplique d’une cabine de 737 : il était même si réaliste qu’une fois à l’intérieur, on s’y croyait. Un autre pilote nous a aidés à en prendre les commandes et nous avons ainsi pu décoller depuis l’aéroport de Hong-Kong pour atterrir à un autre à proximité. Le stage s’est terminé par un débriefing où chaque participant a pu partager son ressenti. Résultat de l’expérience ? J’ai pu reprendre l’avion avec plus de tranquillité. Je n’irai pas jusqu’à dire que je ne ressens pas un peu d’angoisse au moment d’embarquer, mais je ne ressens plus le besoin d’avoir recours aux calmants et à l’alcool. Et ça, c’est déjà un progrès. Pour en savoir plus : http://www.peur-prendre-avion.com

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Alerte rouge en Méditerranée
4 mai, 2015, 16 h 30 min
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Alerte rouge. Deux mots qui reflètent ce qu’est aujourd’hui l’enfer de la Méditerranée. 900 migrants, davantage peut-être, ont trouvé la mort dans la nuit de samedi à dimanche dernier au large de la Sicile. Lundi soir, une nouvelle fois, deux embarcations, cent personnes dans la première – un canot pneumatique –, près de trois cents dans l’autre, émettaient des appels de détresse. Chaque nuit, le drame. En 2014, ils ont été 110?000, originaires pour la plupart de Syrie ou d’Éthiopie, à s’embarquer sur des rafiots à partir de la Libye pour atteindre les côtes italiennes. 3?400 d’entre eux ne seront jamais arrivés sur les côtes italiennes. Dans les premiers mois de 2015, le nombre de ces pauvres gens prêts à tout, y compris à mourir, n’a cessé de croître. Avant même le drame de cette fin de semaine, neuf cents d’entre eux ont déjà trouvé la mort dans cette mer, mare nostrum, devenue aujourd’hui la mer la plus mortelle du monde. Les causes, on les connaît?: l’Europe, la France et la Grande-Bretagne notamment n’y sont pas étrangères. Pour vouloir mettre fin au règne de Khadafi, avec le rêve de faire en quelques semaines une démocratie d’un pays depuis toujours sous le joug, une intervention militaire s’est achevée en octobre?2011 en véritable chaos. Déjà, avant l’intervention militaire, la Libye était la plaque tournante de l’immigration venue du Moyen-Orient et d’Afrique. Après la chute du système Khadafi, ce fut bien pire. Et avec le gigantesque désordre qui a suivi le printemps arabe en Égypte et la guerre civile en Syrie, plus nombreux désormais sont ceux qui décident chaque soir de tenter l’aventure de la migration, même s’ils savent qu’ils mettent leur vie en péril. Tout, plutôt que rester dans ces pays de guerre et de mort. Aujourd’hui, nous voici confrontés à ce qui est, sans avoir peur des mots, un des plus grands mouvements migratoires qui soient, en tout cas, le plus important du XXIe?siècle. Voici l’Italie prise à la gorge, croulant sous le poids de ces nouveaux arrivants, bouleversée, comme bien d’autres, devant ces morts inutiles, ces corps emballés dans des housses macabres, ces pauvres gens hébétés. Voici l’Europe tout entière dans le piège. Que faire?? Jusqu’où ira le tsunami des réfugiés, et comment y faire face?? Les bons sentiments ont longtemps servi d’alibi à la réalité qu’affrontent depuis longtemps des habitants de l’île de Lampedusa, ou des ports de Sicile. Aujourd’hui, impossible de fermer les yeux devant cet exode massif. Impossible de laisser l’Italie assumer seule, en Europe, cette charge trop pesante. “Infaisable aussi, pas seulement parce qu’aucun continent ne peut accepter toute la misère d’un autre, mais aussi parce que ce serait risquer d’autres désordres, dont, partout en Europe, la montée des partis d’extrême droite” Repousser les migrants, les condamner à mort en leur refusant assistance, les ramener de force sur les côtes qu’ils viennent de quitter?? Difficile d’en supporter l’idée dans nos pays démocratiques. Ouvrir les portes à tous les malheureux du monde?? Accepter que des trafiquants le plus souvent connus comme proches de Daech chargent leurs pauvres chalutiers jusqu’à la gueule pour expédier leurs cargaisons humaines de l’autre côté de la Méditerranée, recevoir tous ceux qu’ils veulent bien nous expédier, après les avoir dépouillés et exposés au pire?? Infaisable aussi, pas seulement parce qu’aucun continent ne peut accepter toute la misère d’un autre, mais aussi parce que ce serait risquer d’autres désordres, dont, partout en Europe, la montée des partis d’extrême droite. Alors?? Alors l’Europe est bien obligée de prendre le problème à bras-le-corps, de mettre fin à sa cécité, à celle de ses dirigeants, qui ne sont pas parvenus jusqu’ici à définir une politique migratoire commune. Jeudi, un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens, réuni à la demande de Matteo Renzi, doit se réunir à Bruxelles. Dès lundi, une dizaine de propositions étaient mises sur la table par la responsable de la politique étrangère et de la sécurité européenne, l’Italienne Federica Mogherini?: renforcement des opérations de contrôle et de sauvetage qui existent déjà, destruction des embarcations utilisées pour le transport des migrants, arrestations des trafiquants d’êtres humains, répartition des migrants entre les différents pays européens, renvois rapides des candidats à l’immigration non autorisés à rester dans l’Union européenne, coopération avec les pays d’origine et de transit pour réguler les flux migratoires. Comment ne pas être sceptique sur l’efficacité de ces mesures?? Comme l’a dit le président du Conseil européen, Donald Tusk, il serait risqué d’attendre des solutions rapides aux causes profondes des migrations, parce qu’il n’y en a pas?: “S’il y en avait, nous les aurions mises en œuvre depuis longtemps”. Pas de solution magique, en effet. Simplement, l’appel à la responsabilité des pays européens. De ce point de vue, la réaction d’Angela Merkel sera significative?: à la tête d’un gouvernement d’union nationale, où les chrétiens-démocrates gouvernent avec les socialistes, elle ne craint pas les critiques de l’opposition. C’est impossible en France, ou dans d’autres pays où la politique de l’immigration est l’objet de surenchères permanentes. Une nouvelle fois, serait-il possible que, dans ces problèmes compliqués, qui mettent en cause les équilibres de nos sociétés, une sorte d’union nationale se dégage, au moins pour définir sur ce point précis un chemin commun, le moins mauvais possible?? Puisque hélas, il ne semble pas y en avoir de bon.

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Des femmes pour Hillary
4 mai, 2015, 16 h 29 min
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La couverture sociale étonnamment faible des Américaines devient enfin un sujet d’actualité. Hillary Clinton a pris beaucoup de temps pour annoncer sa candidature à la présidentielle américaine. Mais si elle s’adresse aux femmes, comme sa campagne semble l’indiquer, la Maison-Blanche devrait être à sa portée. Les femmes sont plus nombreuses à voter que les hommes. Elles détiennent également les clés de l’avenir économique du pays. Madame Clinton a pratiquement ignoré son propre sexe lors de sa campagne de 2008. La perspective d’élire le premier président noir de l’Amérique a éclipsé cet autre plafond de verre. Parce qu’elle semble familière, il est facile de sous-estimer sa capacité à intéresser les femmes en 2016. Aux États-Unis, les hommes noirs ont eu le droit de vote plus de cinquante ans avant les femmes. La participation des Noirs en 2008 a largement contribué à l’écrasante victoire de Barack Obama. Les femmes peuvent faire de même pour Madame Clinton. L’écart entre les taux de participation est déjà très important (63,7?% des Américaines ont voté en 2012, contre 59,8?% des hommes). Si Madame Clinton pouvait gagner deux points, ses chiffres électoraux seraient décisifs. Le vote des femmes est la mine d’or possible de Madame Clinton. Mais c’est aussi son risque. Tout sentiment qu’elle favorise une tranche de l’électorat — même si elle en représente plus de la moitié — pourrait se retourner contre elle. Beaucoup de femmes (et d’hommes) voient Madame Clinton comme une manipulatrice qui doit sa carrière à son mari. Les femmes sont plus démocrates que républicaines, mais la plupart ne votent pas selon le genre du candidat. “Aux États-Unis, les hommes noirs ont eu le droit de vote plus de cinquante ans avant les femmes” En outre, à 67 ans, Madame Clinton souffre de son âge. En 2008, lors des primaires démocrates, les jeunes femmes ont plus voté pour Monsieur Obama que Madame Clinton, même si les femmes dans leur ensemble ont plus voté pour elle. Elle ne peut donc pas s’attendre à remporter leurs suffrages simplement en déclarant que son élection serait historique. Elle devra susciter des espoirs chez les femmes sans s’aliéner les hommes. Une majorité des deux appartiennent à la classe moyenne pressurisée. Il fut un temps où promettre de relancer l’industrie américaine suffisait. Mais la plupart des électeurs ont le sentiment que les “étaiements” sont chimériques, du moins en termes d’emplois. Par ailleurs, Madame Clinton a tenté cet argument en 2008 et a perdu. La plupart des emplois d’ouvriers qui ont disparu étaient masculins. Le défi qui se présente à Mme Clinton dans cette période post-crise est très différent. Les femmes sont les premières à occuper des emplois à temps partiel dans les secteurs précarisés. Elles ont aussi de plus mauvais contrats que dans la plupart des autres économies avancées. Les Américaines sont les seules dans les démocraties riches à ne pas bénéficier d’un congé maternité rémunéré, du soutien du gouvernement fédéral pour les services de garde d’enfants, et n’ont droit qu’à une très faible protection lorsqu’elles sont enceintes. Une loi adoptée lors de la première année de la présidence de Bill Clinton accorde aux Américains 12 semaines de congé parental non rémunéré. Il n’y a rien eu depuis. Pratiquement aucun homme ne les prend, selon le Center for American Progress, un groupe de réflexion de Washington. Peut-être qu’ils les prendraient si cela valait le coup. Mais le véritable scandale est la chute du taux d’emploi des femmes. Jusqu’en 2000, le taux de la population active féminine était comparable à ceux des autres pays. Depuis, il chute, alors qu’il continue de grimper ailleurs. Seulement 75?% des Américaines entre 25 et 54 ans travaillent, par rapport aux 79?% dans les 22 autres pays avancés. Une des principales raisons est la faiblesse des avantages des femmes. “Les Américaines sont les seules dans les démocraties riches à ne pas bénéficier d’un congé maternité rémunéré, du soutien du gouvernement fédéral pour les services de garde d’enfants, et n’ont droit qu’à une très faible protection lorsqu’elles sont enceintes” En Allemagne et au Canada, l’écart des salaires entre les hommes et les femmes est beaucoup moins important qu’aux États-Unis. C’est en partie parce que beaucoup plus d’hommes prennent un congé parental. C’est aussi parce qu’aux États-Unis, les services de garderie sont beaucoup moins développés. Dans la moitié des États américains, le coût de garde de deux enfants est en moyenne plus élevé que le prix d’un logement. Pas étonnant que tant de femmes cessent de travailler. À cet égard, la candidature de Mme Clinton arrive à point nommé. Le plus gros problème économique auquel l’Amérique fait face est sa classe moyenne stagnante. Ce sera probablement la question clé lors de l’élection présidentielle de 2016. Le remède le plus évident est d’attirer plus de femmes dans la population active, et qu’elles y restent. Plus la population active est importante, plus la Réserve fédérale américaine peut maintenir les taux d’intérêt bas sans déclencher une inflation. Plus les femmes sont sécurisées dans leur emploi, moins les rotations d’effectifs pèsent sur le chiffre d’affaires des entreprises. Cela coûte beaucoup plus cher de trouver et former de nouveaux employés que de les retenir avec des avantages sociaux décents. L’argument économique est une évidence. Les États-Unis ont une génération de retard dans ce domaine. Mais ce sera certainement plus difficile de le présenter politiquement. Ces dernières années, les démocrates, y compris Mme Clinton, ont mis l’accent sur la “guerre contre les femmes” des républicains. Les États contrôlés par les républicains ont en effet mis en place des obstacles à l’accès à l’avortement, et ont également restreint l’accès à la contraception. Mme Clinton pourrait être tentée de poursuivre cette rhétorique. Ce serait une erreur, car les républicains le feront eux-mêmes. Elle devrait se concentrer sur l’économie américaine. Les problèmes des femmes ne sont plus seulement des questions de femmes, s’ils l’ont jamais été. Leur bien-être économique est une clé pour relancer la croissance du pays. Plus Madame Clinton convaincra d’électeurs et plus elle pourra contrôler les débats.

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