Un regard amusé sur l'actualité

Le temps des pauvres
25 juin, 2015, 15 h 52 min
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Un récent sondage, réalisé pour la circonstance par OpinionWay, nous l’apprend : 38 % des Français considèrent que remplir la déclaration de revenus est devenu un véritable “calvaire” ; la moitié des contribuables interrogés seraient même prêts à aller voir ailleurs si les cieux fiscaux ne seraient pas plus cléments. La lecture du “Cahier statistique 2014” publié par la DGFiP (Direction générale des finances publiques) donne, il est vrai, sérieusement à réfléchir. Si le nombre de foyers assujettis à l’impôt sur le revenu (IR) a progressé de 1 % en un an (37,1 millions en 2014), celui des redevables a diminué de 8 % (17,6 millions), après le cadeau fiscal en faveur des plus défavorisés décidé par Manuel Valls. Les plus aisés étant partis depuis belle lurette et les plus pauvres ne payant dorénavant plus d’impôts, c’est maintenant aux classes moyennes de payer une facture qui ne cesse de s’alourdir : + 15 % en deux ans ! Ces chiffres appellent quelques réflexions. Est-il déjà normal que seuls 47 % des foyers soient imposables ? Si cette assertion est mathématiquement vraie, elle est statistiquement inexacte, car environ 20 % des foyers payent 80 % d’un impôt très concentré. La logique voudrait que chaque foyer s’acquitte d’un impôt sur le revenu — si minime soit-il pour les plus fragiles —, afin que chacun puisse se reconnaître comme… un contribuable à l’effort de la nation. Autre réflexion, liée cette fois au montant d’IR perçu par l’État : 75,4 milliards d’euros. Ce chiffre est à mettre en perspective avec une statistique que vient de publier l’Insee. À la fin de 2014, les dépenses publiques rapportées à la richesse nationale représentaient 57,5 % du PIB, contre 55,9 % en 2011 : de moins en moins de contribuables paient donc davantage pour un État toujours plus dépensier ! Notons que la France a ravi au Danemark la tête du classement des pays de l’OCDE où les dépenses publiques sont les plus importantes. « L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris », expliquait, cynique, Jean-Baptiste Colbert, ministre des Finances de Louis XIV. Sa phrase a traversé les siècles… sauf qu’aujourd’hui, l’oie n’a plus que la peau sur les os.

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