Un regard amusé sur l'actualité

Les vols chinois
28 juillet, 2016, 9 h 18 min
Classé dans : Non classé

Huit jours après l’atterrissage d’avions civils sur un îlot stratégique, le Vietnam et les Philippines protestent toujours contre la stratégie expansionniste chinoise. Après le Vietnam et les Etats-Unis, les Philippines ont protesté à leur tour mercredi, une semaine après les premiers atterrissages civils menés par la Chine sur l’archipel des Spratleys, en mer de Chine méridionale. Manille qualifie ces vols de «provocateurs» et dénonce la «violation d’un code informel». Dans un nouvel épisode d’un bras de fer diplomatique qui dure depuis huit jours, le Vietnam a de son côté rejeté «les déclarations erronées» de Pékin. Depuis 2013, Pékin cherche à asseoir sa souveraineté sur la mer de Chine au prix de travaux colossaux menés dans les archipels des Spratleys et des Paracels. Ces îlots, quasiment inhabités, sont situés au cœur des routes commerciales d’Asie, et objets de querelles entre pays voisins depuis des siècles. La semaine dernière, les médias chinois annonçaient l’atterrissage réussi de deux avions sur la piste de 3 km construite sur le récif de Fiery Cross, dans les Spratleys, à environ 1 000 kilomètres de l’île chinoise de Hainan, suivi d’un nouveau vol samedi. Le Vietnam, qui revendique lui aussi l’îlot, a immédiatement protesté, arguant que ces vols menés à l’improviste, sans communiquer de plan de vol et sans entrer en communication avec le centre vietnamien de contrôle aérien, menacent la sécurité aérienne. Pékin s’était contenté de répondre que ces vols prouvaient «la capacité de l’aéroport à accueillir de gros porteurs civils», ajoutant que cet aéroport servirait à transporter du matériel, du personnel et de l’aide médicale, et qu’il n’avait pas à informer les autorités vietnamiennes des «activités de l’aviation d’Etat». Le récif de Fiery Cross, dans l’archipel des Spratleys, vu par satellite le 22 janvier 2006 puis le 17 avril 2015. Les autorités chinoises y ont notamment fait construire une piste d’atterrissage et un port. La construction de pistes d’atterrissage et de ports par les Chinois, officiellement dans des buts civils, est scrutée de près par la Malaisie, le Vietnam, Taïwan, Brunei et les Philippines, qui convoitent cette zone riche en poisson, en gaz et en pétrole, certains construisant de leur côté leurs propres infrastructures. La communauté internationale craint que la situation ne dégénère, et que les pistes et ports ne soient à terme utilisées dans un but militaire. Les Etats-Unis ont exprimé la semaine dernière leur «profonde inquiétude». Pendant ce temps, les médias officiels chinois ne mégotent pas sur une communication triomphante, propulsant aux avant-postes de la stratégie expansionniste un bataillon de jolies filles. Six mois après un reportage vantant les talents de jardinage du bataillon féminin sur Fiery Cross, la semaine dernière, c’est l’équipage des avions d’essai qui posait, exposé sous toutes les coutures, sous le titre :« Les hôtesses chinoises célèbrent le vol d’essai sur les îles Nansha».

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