Un regard amusé sur l'actualité

Alerte rouge en Méditerranée
4 mai, 2015, 16 h 30 min
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Alerte rouge. Deux mots qui reflètent ce qu’est aujourd’hui l’enfer de la Méditerranée. 900 migrants, davantage peut-être, ont trouvé la mort dans la nuit de samedi à dimanche dernier au large de la Sicile. Lundi soir, une nouvelle fois, deux embarcations, cent personnes dans la première – un canot pneumatique –, près de trois cents dans l’autre, émettaient des appels de détresse. Chaque nuit, le drame. En 2014, ils ont été 110?000, originaires pour la plupart de Syrie ou d’Éthiopie, à s’embarquer sur des rafiots à partir de la Libye pour atteindre les côtes italiennes. 3?400 d’entre eux ne seront jamais arrivés sur les côtes italiennes. Dans les premiers mois de 2015, le nombre de ces pauvres gens prêts à tout, y compris à mourir, n’a cessé de croître. Avant même le drame de cette fin de semaine, neuf cents d’entre eux ont déjà trouvé la mort dans cette mer, mare nostrum, devenue aujourd’hui la mer la plus mortelle du monde. Les causes, on les connaît?: l’Europe, la France et la Grande-Bretagne notamment n’y sont pas étrangères. Pour vouloir mettre fin au règne de Khadafi, avec le rêve de faire en quelques semaines une démocratie d’un pays depuis toujours sous le joug, une intervention militaire s’est achevée en octobre?2011 en véritable chaos. Déjà, avant l’intervention militaire, la Libye était la plaque tournante de l’immigration venue du Moyen-Orient et d’Afrique. Après la chute du système Khadafi, ce fut bien pire. Et avec le gigantesque désordre qui a suivi le printemps arabe en Égypte et la guerre civile en Syrie, plus nombreux désormais sont ceux qui décident chaque soir de tenter l’aventure de la migration, même s’ils savent qu’ils mettent leur vie en péril. Tout, plutôt que rester dans ces pays de guerre et de mort. Aujourd’hui, nous voici confrontés à ce qui est, sans avoir peur des mots, un des plus grands mouvements migratoires qui soient, en tout cas, le plus important du XXIe?siècle. Voici l’Italie prise à la gorge, croulant sous le poids de ces nouveaux arrivants, bouleversée, comme bien d’autres, devant ces morts inutiles, ces corps emballés dans des housses macabres, ces pauvres gens hébétés. Voici l’Europe tout entière dans le piège. Que faire?? Jusqu’où ira le tsunami des réfugiés, et comment y faire face?? Les bons sentiments ont longtemps servi d’alibi à la réalité qu’affrontent depuis longtemps des habitants de l’île de Lampedusa, ou des ports de Sicile. Aujourd’hui, impossible de fermer les yeux devant cet exode massif. Impossible de laisser l’Italie assumer seule, en Europe, cette charge trop pesante. “Infaisable aussi, pas seulement parce qu’aucun continent ne peut accepter toute la misère d’un autre, mais aussi parce que ce serait risquer d’autres désordres, dont, partout en Europe, la montée des partis d’extrême droite” Repousser les migrants, les condamner à mort en leur refusant assistance, les ramener de force sur les côtes qu’ils viennent de quitter?? Difficile d’en supporter l’idée dans nos pays démocratiques. Ouvrir les portes à tous les malheureux du monde?? Accepter que des trafiquants le plus souvent connus comme proches de Daech chargent leurs pauvres chalutiers jusqu’à la gueule pour expédier leurs cargaisons humaines de l’autre côté de la Méditerranée, recevoir tous ceux qu’ils veulent bien nous expédier, après les avoir dépouillés et exposés au pire?? Infaisable aussi, pas seulement parce qu’aucun continent ne peut accepter toute la misère d’un autre, mais aussi parce que ce serait risquer d’autres désordres, dont, partout en Europe, la montée des partis d’extrême droite. Alors?? Alors l’Europe est bien obligée de prendre le problème à bras-le-corps, de mettre fin à sa cécité, à celle de ses dirigeants, qui ne sont pas parvenus jusqu’ici à définir une politique migratoire commune. Jeudi, un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens, réuni à la demande de Matteo Renzi, doit se réunir à Bruxelles. Dès lundi, une dizaine de propositions étaient mises sur la table par la responsable de la politique étrangère et de la sécurité européenne, l’Italienne Federica Mogherini?: renforcement des opérations de contrôle et de sauvetage qui existent déjà, destruction des embarcations utilisées pour le transport des migrants, arrestations des trafiquants d’êtres humains, répartition des migrants entre les différents pays européens, renvois rapides des candidats à l’immigration non autorisés à rester dans l’Union européenne, coopération avec les pays d’origine et de transit pour réguler les flux migratoires. Comment ne pas être sceptique sur l’efficacité de ces mesures?? Comme l’a dit le président du Conseil européen, Donald Tusk, il serait risqué d’attendre des solutions rapides aux causes profondes des migrations, parce qu’il n’y en a pas?: “S’il y en avait, nous les aurions mises en œuvre depuis longtemps”. Pas de solution magique, en effet. Simplement, l’appel à la responsabilité des pays européens. De ce point de vue, la réaction d’Angela Merkel sera significative?: à la tête d’un gouvernement d’union nationale, où les chrétiens-démocrates gouvernent avec les socialistes, elle ne craint pas les critiques de l’opposition. C’est impossible en France, ou dans d’autres pays où la politique de l’immigration est l’objet de surenchères permanentes. Une nouvelle fois, serait-il possible que, dans ces problèmes compliqués, qui mettent en cause les équilibres de nos sociétés, une sorte d’union nationale se dégage, au moins pour définir sur ce point précis un chemin commun, le moins mauvais possible?? Puisque hélas, il ne semble pas y en avoir de bon.

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Des femmes pour Hillary
4 mai, 2015, 16 h 29 min
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La couverture sociale étonnamment faible des Américaines devient enfin un sujet d’actualité. Hillary Clinton a pris beaucoup de temps pour annoncer sa candidature à la présidentielle américaine. Mais si elle s’adresse aux femmes, comme sa campagne semble l’indiquer, la Maison-Blanche devrait être à sa portée. Les femmes sont plus nombreuses à voter que les hommes. Elles détiennent également les clés de l’avenir économique du pays. Madame Clinton a pratiquement ignoré son propre sexe lors de sa campagne de 2008. La perspective d’élire le premier président noir de l’Amérique a éclipsé cet autre plafond de verre. Parce qu’elle semble familière, il est facile de sous-estimer sa capacité à intéresser les femmes en 2016. Aux États-Unis, les hommes noirs ont eu le droit de vote plus de cinquante ans avant les femmes. La participation des Noirs en 2008 a largement contribué à l’écrasante victoire de Barack Obama. Les femmes peuvent faire de même pour Madame Clinton. L’écart entre les taux de participation est déjà très important (63,7?% des Américaines ont voté en 2012, contre 59,8?% des hommes). Si Madame Clinton pouvait gagner deux points, ses chiffres électoraux seraient décisifs. Le vote des femmes est la mine d’or possible de Madame Clinton. Mais c’est aussi son risque. Tout sentiment qu’elle favorise une tranche de l’électorat — même si elle en représente plus de la moitié — pourrait se retourner contre elle. Beaucoup de femmes (et d’hommes) voient Madame Clinton comme une manipulatrice qui doit sa carrière à son mari. Les femmes sont plus démocrates que républicaines, mais la plupart ne votent pas selon le genre du candidat. “Aux États-Unis, les hommes noirs ont eu le droit de vote plus de cinquante ans avant les femmes” En outre, à 67 ans, Madame Clinton souffre de son âge. En 2008, lors des primaires démocrates, les jeunes femmes ont plus voté pour Monsieur Obama que Madame Clinton, même si les femmes dans leur ensemble ont plus voté pour elle. Elle ne peut donc pas s’attendre à remporter leurs suffrages simplement en déclarant que son élection serait historique. Elle devra susciter des espoirs chez les femmes sans s’aliéner les hommes. Une majorité des deux appartiennent à la classe moyenne pressurisée. Il fut un temps où promettre de relancer l’industrie américaine suffisait. Mais la plupart des électeurs ont le sentiment que les “étaiements” sont chimériques, du moins en termes d’emplois. Par ailleurs, Madame Clinton a tenté cet argument en 2008 et a perdu. La plupart des emplois d’ouvriers qui ont disparu étaient masculins. Le défi qui se présente à Mme Clinton dans cette période post-crise est très différent. Les femmes sont les premières à occuper des emplois à temps partiel dans les secteurs précarisés. Elles ont aussi de plus mauvais contrats que dans la plupart des autres économies avancées. Les Américaines sont les seules dans les démocraties riches à ne pas bénéficier d’un congé maternité rémunéré, du soutien du gouvernement fédéral pour les services de garde d’enfants, et n’ont droit qu’à une très faible protection lorsqu’elles sont enceintes. Une loi adoptée lors de la première année de la présidence de Bill Clinton accorde aux Américains 12 semaines de congé parental non rémunéré. Il n’y a rien eu depuis. Pratiquement aucun homme ne les prend, selon le Center for American Progress, un groupe de réflexion de Washington. Peut-être qu’ils les prendraient si cela valait le coup. Mais le véritable scandale est la chute du taux d’emploi des femmes. Jusqu’en 2000, le taux de la population active féminine était comparable à ceux des autres pays. Depuis, il chute, alors qu’il continue de grimper ailleurs. Seulement 75?% des Américaines entre 25 et 54 ans travaillent, par rapport aux 79?% dans les 22 autres pays avancés. Une des principales raisons est la faiblesse des avantages des femmes. “Les Américaines sont les seules dans les démocraties riches à ne pas bénéficier d’un congé maternité rémunéré, du soutien du gouvernement fédéral pour les services de garde d’enfants, et n’ont droit qu’à une très faible protection lorsqu’elles sont enceintes” En Allemagne et au Canada, l’écart des salaires entre les hommes et les femmes est beaucoup moins important qu’aux États-Unis. C’est en partie parce que beaucoup plus d’hommes prennent un congé parental. C’est aussi parce qu’aux États-Unis, les services de garderie sont beaucoup moins développés. Dans la moitié des États américains, le coût de garde de deux enfants est en moyenne plus élevé que le prix d’un logement. Pas étonnant que tant de femmes cessent de travailler. À cet égard, la candidature de Mme Clinton arrive à point nommé. Le plus gros problème économique auquel l’Amérique fait face est sa classe moyenne stagnante. Ce sera probablement la question clé lors de l’élection présidentielle de 2016. Le remède le plus évident est d’attirer plus de femmes dans la population active, et qu’elles y restent. Plus la population active est importante, plus la Réserve fédérale américaine peut maintenir les taux d’intérêt bas sans déclencher une inflation. Plus les femmes sont sécurisées dans leur emploi, moins les rotations d’effectifs pèsent sur le chiffre d’affaires des entreprises. Cela coûte beaucoup plus cher de trouver et former de nouveaux employés que de les retenir avec des avantages sociaux décents. L’argument économique est une évidence. Les États-Unis ont une génération de retard dans ce domaine. Mais ce sera certainement plus difficile de le présenter politiquement. Ces dernières années, les démocrates, y compris Mme Clinton, ont mis l’accent sur la “guerre contre les femmes” des républicains. Les États contrôlés par les républicains ont en effet mis en place des obstacles à l’accès à l’avortement, et ont également restreint l’accès à la contraception. Mme Clinton pourrait être tentée de poursuivre cette rhétorique. Ce serait une erreur, car les républicains le feront eux-mêmes. Elle devrait se concentrer sur l’économie américaine. Les problèmes des femmes ne sont plus seulement des questions de femmes, s’ils l’ont jamais été. Leur bien-être économique est une clé pour relancer la croissance du pays. Plus Madame Clinton convaincra d’électeurs et plus elle pourra contrôler les débats.

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L’obligation de la croissance
20 mars, 2015, 15 h 49 min
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Il y a quelques jours, j’ai eu l’opportunité de participer à un séminaire à Lyon qui était dédié à la croissance. La discussion la plus captivante à laquelle j’ai pu assister expliquait pourquoi celle-ci est un besoin fondamental pour notre société. Au cours du XXe siècle, le niveau de vie s’est mis à croître de manière sensible. A tel point que certaines personnes se demandent donc pourquoi notre société a encore un tel besoin de croissance. Ces personnes rattachent la croissance au matérialisme, au nivellement des normes et des valeurs, à la montée de l’oniomanie… Mais leur regard est, de toute évidence, partial. Il serait difficile de nier que sans la croissance, nous ne serions pas aujourd’hui envahis d’hypermarchés, d’embouteillages et de publicité à outrance. Mais, dans le même temps, nous ne pourrions pas non plus profiter de soins médicaux, des congés annuels, de l’instruction… C’est la croissance qui nous a donné l’opportunité de travailler moins longtemps qu’il y a un siècle. C’est aussi la croissance qui a rendu possible que la mortalité infantile n’ait jamais reculé à ce point, que certains pays ont pu généraliser l’éducation, que la redistribution a été rendue possible grâce aux prélèvements fiscaux. La croissance n’est donc pas un but en soi, mais elle ouvre des perspectives : elle n’est au final qu’un outil permettant à des hommes, des entreprises ou des populations d’améliorer leur sort. La façon dont ces entités gèrent ensuite cette croissance et dépensent le capital acquis participe de leur choix propre. Un pays comme la Chine profitera d’une plus grande prospérité pour investir dans nos vignobles, dans la sécurité nationale ou dans un système de sécurité sociale. Aux États-Unis, une telle prospérité sera allouée à la sécurité intérieure et au plein emploi. Le Qatar profitera des bénéfices de la croissance pour créer une piste de ski en plein désert. On peut exécrer certains de ces choix. Mais il faut reconnaître deux choses. 1. La croissance n’est pas en soi un objectif : c’est ce qu’elle permet à la société de faire. 2. Tout un chacun a sa propre idée sur la manière d’employer cette prospérité nouvelle. Mais, dans tous les cas, la croissance est primordiale. Sans croissance, une société n’a pas les capacités d’innover. Ce séminaire à Lyon a été passionnant de bout en bout. Si le thème vous intéresse, suivez le lien pour le calendrier des prochaines sessions que vous retrouverez sur le site de l’organisateur : http://www.agence-seminaire.fr/seminaires-france/agence-seminaire-rhone-alpes/agence-seminaire-a-lyon/

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Crémaillère de la BCE
20 mars, 2015, 15 h 47 min
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La Banque centrale européenne (BCE) inaugure son nouveau siège à Francfort. « Les deux tours de cette forteresse de l’austérité, qui ont coûté 1,3 milliard d’euros, arton4761-2eaf4sont le symbole du gouffre qui sépare les élites financières et politiques des populations », dénoncent des mouvements sociaux de toute l’Europe, qui invitent à une journée de manifestation. Pour passer à l’action contre l’austérité, ces mouvements organisent un blocage de la BCE, le 18 mars. Voici leur appel. Le 18 mars 2015, la Banque centrale européenne (BCE) veut inaugurer son nouveau siège à Francfort. La somme vertigineuse de 1,3 milliard d’euros a été dépensée pour construire ces tours jumelles de 185 mètres de haut qui ressemblent à une forteresse, entourée de clôtures et de douves. Cette intimidante architecture du pouvoir est un symbole parfait de la distance qui sépare les élites politiques et financières des populations. Le personnel et le matériel de bureau sont déjà en cours d’installation. Mais la grande cérémonie d’inauguration – en présence de plusieurs chefs d’État européens et de l’oligarchie financière – est désormais annoncée pour le mercredi 18 mars. Il n’y a pourtant rien à célébrer dans l’austérité et l’appauvrissement des populations ! Des milliers de personnes en colère et de militant-es déterminé-es de toute l’Europe vont bloquer les rues autour de la BCE et interrompre cette célébration du pouvoir et du capital, en ce jour de 144e anniversaire de la Commune de Paris. Nous allons prendre la fête en main et la transformer en lieu de jonction des résistances transnationales contre les politiques de crise en Europe et leurs conséquences catastrophiques, particulièrement pour les populations d’Europe du Sud. La BCE joue un rôle important dans l’infâme Troïka, responsable de coupes brutales, d’un chômage croissant et même de la désintégration du système de santé en Grèce et dans d’autres pays de l’UE. Avec la Commission Européenne et le Conseil de l’UE, la BCE a promu l’austérité, les privatisations et la précarité. Ils n’ont eu aucune hésitation à faire chanter des gouvernements élus pour imposer leurs attaques contre les droits sociaux des populations. Alors que la crise se développait, l’UE est devenu ce régime de plus en plus autoritaire où le manque de participation démocratique est criant. Les contrôles meurtriers aux frontières et la militarisation croissante de la politique étrangère aggravent ce processus. Ils ne peuvent pas – et ne veulent même plus – nous représenter. Les élites dirigeantes ne peuvent plus rien nous offrir. Mais de nouvelles forces émergent de chaque lieu de vie, c’est notre responsabilité de construire les solidarités et une vraie démocratie par la base. Ils veulent le capitalisme sans la démocratie, nous voulons la démocratie sans le capitalisme !

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Effectuation et fidélisation
20 mars, 2015, 15 h 46 min
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L’effectuation met en avant la nature sociale du processus entrepreneurial. Par cela, on entend que l’entrepreneur réussit en fédérant autour de lui un nombre croissant de ce que l’on appelle des parties prenantes, c’est à dire des acteurs qui s’engagent concrètement dans son projet en lui apportant des ressources. C’est ce que traduit le 3e principe de l’effectuation, le patchwork fou. Souvent ce principe est traduit un peu vite comme étant le principe de l’orientation client et, par extension, de la fidélisation client. C’est en fait très différent, voyons pourquoi. L’effectuation pose qu’en incertitude (qui caractérise les nouveaux marchés), ni l’entrepreneur ni les acteurs de son environnement ne savent vers où va ce dernier. La prédiction ne fonctionne pas parce que l’information disponible ne permet pas d’indiquer la nature de l’avenir (au contraire des ventes récentes de brosses à dents qui peuvent servir d’indicateur fiable des ventes des prochaines semaines). Incapable de prédire objectivement ce que sera l’avenir, c’est à dire plus précisément quel produit fabriquer, l’entrepreneur met alors à contribution son environnement et essaie de trouver un acteur qui, aussi perdu que lui, est néanmoins prêt à avancer d’un pas avec lui. L’entrepreneur lui dit donc: « pas plus que moi tu ne sais de quoi l’avenir est fait, mais nous pouvons décider ensemble d’avancer en nous mettant d’accord sur l’étape suivante ». A l’impuissance objective (manque d’information), l’entrepreneur subsiste donc une approche subjective avec le partenaire (donc plus précisément inter-subjective). On donne souvent l’exemple suivant: l’entrepreneur montre un prototype A à son client potentiel. Celui-ci répond: ça m’intéresse, mais j’aurais besoin de tels et tels changements pour obtenir A2. L’entrepreneur répond alors: si vous vous engagez à en prendre 5, je vous fais ces modifications ». Si le client accepte, il devient partie prenante au projet, qui dès lors peut avancer. Avant l’échange, l’entrepreneur voit l’avenir en A. Le client ne sait pas que A existe et imagine peut-être l’avenir en B. La rencontre crée A2, non prévu au départ par les deux parties. Mais ce principe de progression subjective par engagement de partie prenante peut être mis en œuvre avec n’importe quelle type de partie prenante. A ce titre, le client, dans la démarche effectuale, n’est qu’une partie prenante comme une autre et pas forcément la plus importante. Ainsi, pour démarrer, Michel et Augustin se sont tournés vers leur boulanger de quartier, au tout début, pas vers leurs clients: ils recherchaient un moyen de fabriquer leurs gâteaux et n’en produisaient pas assez pour mobiliser une usine. Observant que leur boulanger était fermé un jour par semaine (une vieille loi de la révolution qui perdure on ne sait trop pourquoi), ils sont allés le voir pour qu’il mette son local à disposition de jour-là, ce qu’il a accepté. On le voit, nous sommes loin des concepts d’orientation client et de fidélisation. Il n’est pas nécessaire que le premier client soit fidèle pour que le processus effectual progresse, et il n’est même pas nécessaire que les premières parties prenantes soient des clients (même s’il évidemment ça ne devrait pas trop tarder…)

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L’incentive et le challenge
23 février, 2015, 14 h 36 min
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C’est quelque chose qui m’excède toujours, lorsque certains m’exposent leur point de vue sur le challenge commercial. Pour eux, une telle campagne vise uniquement à intensifier le chiffre. Et il mène certes, quand il est convenablement planifié, à une progression signifiante du CA. Toutefois ce n’est que l’un des profits qu’il fournit. D’autres sont à mon sens aussi primordiaux.
Le challenge commercial permet entre autres choses de booster son équipe. Les collaborateurs ont presque toujours le désir d’être reconnus, et le challenge commercial est une forme de reconnaissance quant à leur investissement. Le cadeau vaut autant pour sa valeur économique que pour sa signification.
Le challenge commercial excite aussi le goût du challenge. Les vendeurs ont tendance à se défier les uns les autres et à confronter leurs succès. Le challenge leur fournit en ce sens un cadre dans lequel ils peuvent mettre en avant cette prédisposition. Et les meilleurs engagent les autres à se dépasser à leur tour. C’est par là même une bonne méthode pour hisser ses équipes vers le haut.
Pourtant le retour sur investissement le plus durable de la campagne est au final dans la dynamique qu’il met en place. L’opération est un prétexte pour inciter les équipes à tout donner. Et cette ténacité nouvelle ne s’interrompt pas à l’issue de l’opération: elle peut perdurer pendant des mois.
Trois causes contribuent à la démotivation des salariés d’un groupe: le manque de reconnaissance, le revenu considéré faible, et le mal-être au boulot. Le challenge commercial permet finalement de soigner ce triple combo frontalement.
Cependant, pour atteindre son but, un challenge se doit d’observer quelques règles de base. Et je suis toujours ébahi de découvrir qu’elles ne sont pas toujours suivies. Premier point, il faut opter pour des cadeaux qui incitent les salariés à s’engager. Environ 50 % du budget de l’opération devrait en théorie y être affecté. Après, il faut offrir les récompenses à 30 % de la population touchée. Dans l’autre cas, c’est le désappointement qui domine. Et bien évidemment, l’objectif doit être possible à atteindre. Quand on prend en compte ces éléments, le challenge commercial peut avoir le potentiel de toucher son objectif. Mais si le challenge est instauré à la va-vite, cela peut également donner lieu à un résultat contraire à celui qu’on escomptait. Pour en savoir plus allez sur le site spécialiste de cette agence : http://www.agenceincentive.com

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Quand les Grecs déconnent
23 février, 2015, 14 h 33 min
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Une première proposition a été rejetée par Athènes, qui l’a jugée « absurde » et « inacceptable » lundi dès le début de l’Eurogroupe à Bruxelles. « En ces circonstances, il ne pourrait y avoir d’accord » dans la soirée, avec ses partenaires de la zone euro, a indiqué une source gouvernementale grecque. Cette source a précisé que la proposition consistait à demander à Athènes d’appliquer les conditions actuelles de son plan de sauvetage. « L’insistance de certaines personnes à demander au nouveau gouvernement grec de mettre en oeuvre le plan de sauvetage est absurde et inacceptable, et en ces circonstances il ne peut y avoir d’accord ce soir », a indiqué cette source. Les dix-neuf ministres des Finances de la zone euro étaient réunis à Bruxelles pour essayer de trouver un compromis alors que la Grèce arrive le 28 février au terme du plan de sauvetage de l’UE et ne veut pas accepter de prolongation de celui-ci. Le nouveau gouvernement de gauche radicale issu des élections du 25 janvier demande en effet à ses partenaires de lui accorder du temps pour mettre en place son propre plan de réformes, et de conclure avec la Grèce en attendant un accord-relais lui permettant de rester financée. « Mener à bien le plan de sauvetage ne faisait pas partie des propositions du sommet » des chefs d’État et de gouvernement jeudi dernier à Bruxelles. « Ceux qui l’ont remis sur la table perdent leur temps », a fait savoir cette source. À ces propos, l’euro qui évoluait autour de l’équilibre pendant pratiquement toute la séance européenne est reparti brutalement à la baisse. Vers 17 h 25 GMT, il est tombé à 1,1356 dollar alors qu’il évoluait auparavant autour de 1,1400 dollar.

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Peut-on sauver l’Ukraine ?
23 février, 2015, 14 h 32 min
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Le fragile accord signé à Minsk le jeudi 12 février au matin entre Mme Merkel, François Hollande, Vladimir Poutine et le président ukrainien M. Poroshenko est aujourd’hui clairement en crise. Les regards se focalisent sur la question du cessez-le-feu. C’est une question importante, mais qui pourrait masquer d’autres problèmes, encore plus grave. Ainsi, le gouvernement de Kiev a indiqué qu’il n’entendait pas appliquer la « fédéralisation » du pays à laquelle il s’est pourtant engagé. Enfin, il est possible que des troubles politiques affectent les forces de Kiev, voire qu’un coup d’Etat venant de la fraction la plus extrémiste, se produise d’ici les premières semaines. Le cessez-le-feu doit avoir lieu le dimanche 15 février à 0h00. Pour l’instant les combats continuent. Cela est dû à la volonté de chaque partie de « grignoter » sur la ligne de front, mais aussi à l’élimination progressive des unités de Kiev qui sont encerclées dans la « poche » de Debalstevo. Le principal problème tient à ce que les forces de Kiev doivent faire reculer leurs armes lourdes à partir de la ligne de front tandis que les insurgés doivent faire la même chose à partir de la ligne du 19 septembre 2014. L’idée semble d’avoir voulu donner satisfaction aux deux parties en présence et de créer une « zone tampon ». Mais, si l’on veut que cette zone tampon puisse remplir son rôle (et éviter de nouveaux bombardements ciblant les populations civiles des villes insurgées de Donetsk et Lougansk), il faudra impérativement qu’un corps d’observateur, susceptible de faire de l’interposition entre les deux adversaires soit créé. L’OSCE, qui est nommément désignée dans l’accord n’a pas les moyens de faire cela. De plus, sa légitimité pourrait être contestée. La seule solution stable serait la constitution de contingents de « Casques Bleus » des Nations Unis. Mais, une telle solution doit être acceptée par le gouvernement de Kiev et doit être validée par le Conseil de Sécurité, ce qui implique un accord des Etats-Unis. C’est ici que l’on mesure les limites de la solution Merkel-Hollande. De fait, les Etats-Unis sont aujourd’hui directement part du conflit. Ils doivent donc être associés à son règlement, ou montrer par leur attitude qu’ils ont fait le choix de la guerre. Tant qu’un cessez-le-feu stable, observé et vérifié ne sera pas en place, l’accord sera nécessairement des plus fragiles. Mais, il y a d’autres raisons de penser que cet accord pourrait bien ne jamais être appliqué. Les termes de l’accord sont très clairs : un statut de grande autonomie doit être concédé aux insurgés et, sur cette base, le gouvernement de Kiev pourra recouvrer le contrôle de la frontière entre l’Ukraine et la Russie (articles 9 et 11 de l’accord). Or, le gouvernement de Kiev a indiqué son refus d’envisager une « fédéralisation » du pays, dans le cadre d’une refonte de la Constitution, qui devrait être réalisée d’ici à la fin de 2015. De même, le Ministre de la Justice de Kiev, M. Klimkin, s’est déclaré être opposé à une amnistie générale . Or, cette amnistie est bien l’une des conditions de l’accord. Très clairement, à l’heure actuelle, le régime de Kiev n’a nullement l’intention d’appliquer les clauses politiques de l’accord. Or, on comprend bien que si ces clauses ne sont pas appliquées, la guerre reprendra inévitablement, sauf si l’on s’achemine vers une solution de type « ni paix, ni guerre », ce que l’on appelle un « conflit gelé ». Cependant, une telle solution de « conflit gelé » n’est envisageable que si des forces d’interposition prennent position entre les belligérants. On est donc ramené à la question d’un hypothétique contingent de « Casques Bleus » et de ce fait à la question de l’insertion des Etats-Unis dans le processus d’un accord. On mesure ici, à nouveau, les limites de l’option prise par Mme Merkel et M. François Hollande. A vouloir prétendre que les européens pouvaient trouver sur leurs seules forces une solution à ce conflit, ils se sont enfermés dans une situation sans issue. La position discursive adoptée qui consiste à faire retomber la « faute » de la non-application sur la Russie s’apparente à une ficelle désormais trop grossière. C’est pourtant la voie vers on s’achemine, avec le renforcement des sanctions prises par l’Union européenne

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