Un regard amusé sur l'actualité

Voler comme un oiseau
21 janvier, 2016, 14 h 40 min
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Après les simulateurs d’avion, voici l’appareil qui vous permet de voler (pour de faux) comme un oiseau. Birdly est une machine inventée pour reproduire la sensation de vol libre. Selon le site d’information Swisscom Bluewin, le système a pour but « d’explorer l’expérience sensorielle d’un oiseau qui vole ». Son fonctionnement est simple: la personne qui porte un casque de réalité virtuel doit s’allonger à plat ventre sur l’appareil, les bras étendus en forme de croix. La sensation de planer est accentuée par le fait que l’utilisateur dirige réellement le vol en battant des ailes ou en donnant la direction en se penchant d’un côté ou de l’autre. Pour encore plus de sensations, l’ensemble du paysage (une reconstitution de San Francisco en 3D) est perçu du point de vue de l’oiseau. Pour intensifier le mode de réalisation, des effets sonores sont associés à la vidéo tout comme un ventilateur en face de la personne qui permet de recréer le vent. Cette impression de vol est aussi possible grâce à des pistons fixés sous la machine qui répercutent les « mouvements » réalisés au cours de la simulation. Créé par la société suisse Somniacs en partenariat avec la Haute École d’Art de Zürich, Birdly par « son immersion totale du corps » est une invention « sans précédent à ce jour » explique l’entreprise sur son site Internet. Ce nouveau projet a ainsi fait l’objet d’une présentation intensive. Durant les 12 derniers mois, il a été exposé lors de différents événements autour du monde. Par exemple en mai et juin, il a fait partie de l’exposition « Sensory Stories: An Exhibition of New Narrative Experiences » au Musée du cinéma de New-York. Le mécanisme est aussi passé par la France lors du Salon des nouvelles technologies Laval Virtual (Pays de la Loire), en avril dernier. Cependant d’après Swisscom Bluewin, la commercialisation future de ce produit ne se fera pas à grande échelle. En effet, Michel Zai PDG de la compagnie explique que la société souhaite « se concentrer sur des clients haut de gamme qui pourront bénéficier d’une relation étroite avec [eux], notamment afin d’optimiser l’expérience individuelle offerte par Birdly ». Pourquoi pas une installation dans des salles de jeux? C’est l’idée principale du fabricant. « Les nouvelles salles de divertissement sont, par essence, de nature très sociale: on y va pour s’amuser ensemble, et Birdly est très adapté à cela. Les gens adorent voir leurs amis ou les membres de leur famille voler comme des oiseaux, et se prendre en photo ou vidéo à cette occasion. Outre son côté spectaculaire, Birdly fonctionne très bien dans un contexte social », assure le directeur. Alors, tenté ? Patience, les premiers modèles seront disponibles dès octobre 2015.

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La Terre est petite comme une orange
1 octobre, 2015, 9 h 26 min
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Je suis un abonné des voyages en avion. A tel point qu’aujourd’hui, je ne regarde même plus par le hublot lorsque je suis en déplacement. Mais heureusement, il y a plusieurs façons de jouir du ciel, et j’ai testé l’une d’elles pas plus tard que le week-end dernier. En effet, je me suis laissé tenter par un baptême de l’air au plus près des éléments, à bord d’un ULM pendulaire : une sorte de char motorisé relié à une voile. Et comme vous allez le voir, les sensations sont extrêmement différentes de celles d’un A320 ! L’écart se voit d’emblée dès l’arrivée : le tarmac de l’aéroclub n’a rien à voir avec le tarmac habituel : c’est une vaste piste d’herbe ; on est loin de l’univers grisâtre d’un aéroport, ça a même un petit côté rustique. Mais c’est une fois en l’air qu’on découvre toute la différence. Le décollage se fait tout en douceur, et l’on a à peine d’en profiter que l’ULM s’élève déjà dans les hauteurs. Le ronronnement du moteur couvre les voix et le pilote s’occupe de contrôler l’engin, mais oreillettes et micro permettent de pallier à cet inconvénient. Voler en ULM pendulaire offre cet incroyable avantage d’être en plein air, ce qui augmente singulièrement les sensations, et l’appareil ne va pas à plus de 150 km/h, ce qui laisse tout le temps d’apprécier le paysage. Si vous n’avez jamais effectué un tel vol, vous ne pouvez deviner combien notre monde peut être inhabituel à 100 mètres à peine d’altitude ! Tout est si insignifiant depuis les airs : les autoroutes, les arbres, les hommes… Le monde devient irréel. Et il y a également tout ce qui est impossible à voir lorsqu’on est sur la terre ferme : fermes isolées, étangs cachés, cours de fermes… Lors du vol, il n’y a aucune sensation de vertige (cela dit, il vaut mieux maintenir les yeux plus sur l’horizon, parce qu’on peut ne pas vraiment supporter la sensation d’altitude si on regarde trop directement le sol en dessous). Et une fois qu’on s’est habitué au tapage du moteur, une rare sensation de sérénité vous envahit, qui rapproche l’expérience d’une séance de méditation. Malheureusement, ça s’est fini beaucoup trop vite à mon goût, et au bout de trente minutes nous avons retrouvé le sol. Mais qu’importe, je suis bien décidé à le refaire un de ces jours. Vous voulez plus d’informations ? Allez sur http://www.baptemedelair.name

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Le missile du MH17
1 octobre, 2015, 9 h 23 min
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Le gouvernement néerlandais considère qu’une nouvelle enquête internationale sur le crash du Boeing malaisien en Ukraine permettrait une meilleure coopération entre les Etats concernés. Le gouvernement néerlandais mène des négociations sur la possibilité d’enquêter sur le crash du Boeing le 17 juillet dernier dans le Donbass ukrainien dans le cadre de la Cour internationale de justice, rapporte l’agence Reuters citant les sources proches de la situation. « La Cour internationale de justice serait la meilleure option. Nous espérons que cela permettrait à tous les pays (concernés par l’affaire) de mieux coopérer », a fait savoir un haut fonctionnaire du gouvernement néerlandais désireux de conserver l’anonymat. Un Boeing 777 de Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur s’est écrasé le 17 juillet 2014 dans la région de Donetsk, en proie à des conflits entre les insurgés et l’armée ukrainienne. 298 personnes, dont 85 enfants, ont péri dans le crash. Les autorités de Kiev ont accusé les insurgés d’avoir abattu le Boeing malaisien. Ceux-ci ont pourtant affirmé qu’ils ne disposaient pas de moyens techniques permettant d’abattre un avion volant à une telle altitude. Le 10 septembre 2014, les Pays-Bas ont rendu public un rapport préliminaire sur la catastrophe. Les experts ont confirmé que l’avion s’était désintégré en plein vol en raison des « dommages structurels provoqués par l’impact extérieur de nombreux projectiles à haute énergie ». Cependant, l’origine de ces projectiles n’a pas été précisée.

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L’Etat Islamique crée sa monnaie
1 octobre, 2015, 9 h 22 min
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Des pièces en or, en argent et en cuivre sont désormais utilisées par l’EI sur les territoires irakiens et syriens qu’il contrôle. Le groupe terroriste Etat islamique a mis en circulation sa propre monnaie, le « dinar islamique », qui vaudrait environ 139 dollars, rapporte le quotidien britannique The Telegraph. Les premières photos de cette monnaie ont été diffusées sur Twitter par un activiste hostile à l’Etat islamique demeurant dans la ville syrienne de Raqqa, occupée par les djihadistes. On ne voit aucun billet mais des pièces en or, en argent et en bronze sur lesquelles figurent les inscriptions «Etat islamique» et «Califat», ainsi que le poids et la valeur de la monnaie. L’EI a déclaré son intention de frapper ses propres pièces encore en novembre dernier. Selon Daech, cette monnaie vise à remplacer «le système monétaire tyrannique imposé aux musulmans» et à les libérer du «mercantilisme et de l’oppression économique satanique», autrement dit, s’affranchir du dollar américain. Créé en 2006 en Irak, l’EI a proclamé en juillet 2014 un califat islamique sur les territoires irakiens et syriens sous son contrôle. Ce groupe qui compterait près de 30.000 combattants selon la CIA, poursuit son offensive. L’Etat islamique rejette la notion de frontières et n’a pas de véritables institutions. Pourtant, il tente de s’imposer comme une entité musulmane légitime avec un hymne, un drapeau, une armée et désormais une monnaie.

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La saveur unique du poisson-perroquet
25 juin, 2015, 15 h 54 min
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Vous êtes à la recherche de nouveaux aliments pour varier vos assiettes ? Ne cherchez plus, j’ai le poisson qu’il vous faut : le poisson-perroquet. J’ai découvert cet étonnant animal lors d’un cours de cuisine le mois dernier, et il est tout simplement parfait pour la cuisine : non seulement son rendu visuel est ravissant une fois dans l’assiette, mais sa chair, blanche et molle, exhale aussi un arôme herbacé subtil. Ce poisson semble avoir été fait pour être cuisiné ! Le poisson-perroquet est en effet l’un des plus jolis poissons de mer. Il est ainsi nommé en raison de sa tête en forme de bec et de ses couleurs vives. Il faut l’écailler avant de le vider et de le faire cuire. Sans ses écailles, il perd son aspect luisant, mais garde sa saveur unique. II est conseillé de faire griller les filets afin qu’ils soient bien saisis et assaisonnés. Les poissons-perroquets sont considérés comme des mets de choix dans les Caraïbes où ils sont servis frits, grillés ou nappés d’une délicieuse sauce au curry et à la noix de coco. Le petit poisson-perroquet bleu du Sri Lanka possède une chair blanche très délicate et passe généralement pour être le plus savoureux des poissons. Mais parce qu’il faut bien qu’il y ait un mais, l’animateur du cours de cuisine nous a appris qu’il est préférable de ne le goûter qu’une fois dans sa vie. Et ce, bien qu’il soit exquis (curieux choix de la part du chef, d’ailleurs : apprendre à cuisiner un poisson qu’on n’est pas censé recuisiner chez soi). En effet, ce poisson se nourrit d’algues qui constituent une menace pour les récifs coralliens. Certains scientifiques pensent donc qu’il faut purement et simplement le rayer des menus afin de le sauvegarder. Si vous souhaitez avoir une idée de son goût tout en respectant les récifs, vous pouvez vous rabattre sur l’un de ses cousins, comme le labre, sur un barramundi d’élevage ou du mulet. Eh oui, dans une planète où l’on est si nombreux, la moindre mode alimentaire peut mettre en péril tout un écosystème. Cela dit, rien ne vous empêche d’y goûter. Tant que vous n’en parlez pas tout autour de vous et donnez envie aux autres d’essayer, il n’y a pas de mal. Oups. Je vous laisse le lien vers le site qui propose ce cours de cuisine : http://www.tematis.com/fr/103-cours-cuisine

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Le temps des pauvres
25 juin, 2015, 15 h 52 min
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Un récent sondage, réalisé pour la circonstance par OpinionWay, nous l’apprend : 38 % des Français considèrent que remplir la déclaration de revenus est devenu un véritable “calvaire” ; la moitié des contribuables interrogés seraient même prêts à aller voir ailleurs si les cieux fiscaux ne seraient pas plus cléments. La lecture du “Cahier statistique 2014” publié par la DGFiP (Direction générale des finances publiques) donne, il est vrai, sérieusement à réfléchir. Si le nombre de foyers assujettis à l’impôt sur le revenu (IR) a progressé de 1 % en un an (37,1 millions en 2014), celui des redevables a diminué de 8 % (17,6 millions), après le cadeau fiscal en faveur des plus défavorisés décidé par Manuel Valls. Les plus aisés étant partis depuis belle lurette et les plus pauvres ne payant dorénavant plus d’impôts, c’est maintenant aux classes moyennes de payer une facture qui ne cesse de s’alourdir : + 15 % en deux ans ! Ces chiffres appellent quelques réflexions. Est-il déjà normal que seuls 47 % des foyers soient imposables ? Si cette assertion est mathématiquement vraie, elle est statistiquement inexacte, car environ 20 % des foyers payent 80 % d’un impôt très concentré. La logique voudrait que chaque foyer s’acquitte d’un impôt sur le revenu — si minime soit-il pour les plus fragiles —, afin que chacun puisse se reconnaître comme… un contribuable à l’effort de la nation. Autre réflexion, liée cette fois au montant d’IR perçu par l’État : 75,4 milliards d’euros. Ce chiffre est à mettre en perspective avec une statistique que vient de publier l’Insee. À la fin de 2014, les dépenses publiques rapportées à la richesse nationale représentaient 57,5 % du PIB, contre 55,9 % en 2011 : de moins en moins de contribuables paient donc davantage pour un État toujours plus dépensier ! Notons que la France a ravi au Danemark la tête du classement des pays de l’OCDE où les dépenses publiques sont les plus importantes. « L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris », expliquait, cynique, Jean-Baptiste Colbert, ministre des Finances de Louis XIV. Sa phrase a traversé les siècles… sauf qu’aujourd’hui, l’oie n’a plus que la peau sur les os.

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Clandestin, tous d’accord
25 juin, 2015, 15 h 51 min
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Le phénomène sans précédent de l’immigration clandestine (274 000 entrées en 2014, en hausse de 180 % par rapport à 2013) fait tanguer l’Europe, prise entre la réalité brutale et les bons sentiments. De trop nombreux dirigeants européens avancent à la godille, souvent en fonction des vents médiatiques dominants. Quand le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, issu de la droite, propose des quotas de demandeurs d’asile aux pays membres de l’Union, la gauche idéologique applaudit, sans en voir les conséquences (la France pourrait voir doubler son quota actuel). On devine déjà le relâchement de la vigilance dans les États directement chargés des frontières extérieures de l’Europe (Grèce, Bulgarie, Italie, Espagne) et le formidable appel d’air que ce “partage” pourrait provoquer. Juncker et ses amis de la gauche bien-pensante feraient mieux de revenir à la priorité : enrayer les trafics et frapper les passeurs, expulser les irréguliers et aider les pays de départ à contrôler la situation, quitte à installer des camps chez eux, comme l’Australie le fait avec ses voisins. Hésitant entre une vraie stratégie politique et son angélisme facile, l’Europe cherche son cap. Elle vient pourtant d’envoyer un signal rassurant, le 18 mai, avec l’annonce d’un dispositif aéronaval encore jamais vu pour combattre les organisations de passeurs, en détruisant « les instruments qu’elles utilisent pour faire mourir des personnes en mer », selon les termes de Federica Mogherini, le chef de la diplomatie européenne. Placée sous les ordres d’un amiral italien à Rome, cette opération “EU Navfor Med” doit mettre des bâtiments de guerre et des avions de surveillance à la disposition de l’Union. Il faudra au préalable obtenir l’accord total des Vingt-Huit et le feu vert du Conseil de sécurité des Nations unies. Les choses vont se compliquer. Les Allemands et les Scandinaves sont toujours réticents à des opérations militaires. Le Vatican rappelle au bon sens, avec ces mots du cardinal hondurien Óscar Rodríguez Maradiaga, conseiller du pape François et poids lourd au Vatican : « On ne peut fermer toutes les portes, mais il n’est pas pensable d’ouvrir tout ce qu’on peut ouvrir. »

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747 en péril
4 mai, 2015, 16 h 32 min
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J’ai beaucoup hésité à raconter cette expérience ; on se sent toujours un peu honteux d’avouer ses angoisses, surtout lorsqu’elles sont irrationnelles. Mais je me suis dit qu’elle pouvait être utile à ceux qui ont le même problème. Il y a dix ans, je voyageais en avion avec flegme. Mais je ne sais pas trop vraiment ni quand ni pourquoi, cela a commencé à changer. Je me suis mis à m’inquiéter quand j’étais censé prendre l’avion. Insidieusement, l’Atarax est devenu mon compagnon de voyage. Additionné d’alcool, histoire de faire un cocktail bien nocif. L’année dernière, ma moitié m’a donc offert un stage pour combattre cette phobie de l’avion. Mon stage s’est passé à Paris. Nous étions six participants (en grande majorité des femmes, mais c’était peut-être un simple hasard). J’ai rapidement compris qu’il y avait pire que moi, dans le domaine. J’étais angoissé lorsque je devais prendre l’avion mais je parvenais encore à voyager. Pour d’autres, c’était pire : une participante avait dû être débarquée avant même le décollage ! Elle avait fait une crise de panique et essayé de déverrouiller les portes. La psychologue a commencé par nous rassurer et nous a appris que nous étions loin d’être les seuls à être dans ce cas : en fait, 10 % de la population éprouve cette peur. La première partie de ce stage était psychologique, et a consisté à contrôler nos peurs affiliées à l’avion. Nous avons vite reconnu des expériences communes : fixer le personnel de bord pour voir si les hôtesses ne sont pas stressés, agripper les accoudoirs de son siège au décollage, être obsédé par tout ce qui peut arriver, etc. Croyez-moi, ça m’a fait beaucoup de bien de pouvoir enfin en rire. Puis la psychologue nous a montré comment nous détendre en utilisant la respiration abdominale. Enfin, l’après-midi, nous avons attaqué les choses sérieuses : découvrir le fonctionnement des avions. Un pilote de ligne en uniforme nous a donc parlé de sécurité en aéronautique, pour que nous puissions ensuite lui poser toutes les questions possibles (que se passe-t-il si un oiseau traverse un réacteur ? Est-il possible qu’une vitre se brise et que les passagers soient éjectés de l’avion ?). Au bout de deux heures de discussions, nous sommes finalement passés à la troisième partie, la plus récréative : nous avons piloté un Boeing 737. Le simulateur de vol à bord duquel nous sommes montés était la parfaite réplique d’une cabine de 737 : il était même si réaliste qu’une fois à l’intérieur, on s’y croyait. Un autre pilote nous a aidés à en prendre les commandes et nous avons ainsi pu décoller depuis l’aéroport de Hong-Kong pour atterrir à un autre à proximité. Le stage s’est terminé par un débriefing où chaque participant a pu partager son ressenti. Résultat de l’expérience ? J’ai pu reprendre l’avion avec plus de tranquillité. Je n’irai pas jusqu’à dire que je ne ressens pas un peu d’angoisse au moment d’embarquer, mais je ne ressens plus le besoin d’avoir recours aux calmants et à l’alcool. Et ça, c’est déjà un progrès. Pour en savoir plus : http://www.peur-prendre-avion.com

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Alerte rouge en Méditerranée
4 mai, 2015, 16 h 30 min
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Alerte rouge. Deux mots qui reflètent ce qu’est aujourd’hui l’enfer de la Méditerranée. 900 migrants, davantage peut-être, ont trouvé la mort dans la nuit de samedi à dimanche dernier au large de la Sicile. Lundi soir, une nouvelle fois, deux embarcations, cent personnes dans la première – un canot pneumatique –, près de trois cents dans l’autre, émettaient des appels de détresse. Chaque nuit, le drame. En 2014, ils ont été 110?000, originaires pour la plupart de Syrie ou d’Éthiopie, à s’embarquer sur des rafiots à partir de la Libye pour atteindre les côtes italiennes. 3?400 d’entre eux ne seront jamais arrivés sur les côtes italiennes. Dans les premiers mois de 2015, le nombre de ces pauvres gens prêts à tout, y compris à mourir, n’a cessé de croître. Avant même le drame de cette fin de semaine, neuf cents d’entre eux ont déjà trouvé la mort dans cette mer, mare nostrum, devenue aujourd’hui la mer la plus mortelle du monde. Les causes, on les connaît?: l’Europe, la France et la Grande-Bretagne notamment n’y sont pas étrangères. Pour vouloir mettre fin au règne de Khadafi, avec le rêve de faire en quelques semaines une démocratie d’un pays depuis toujours sous le joug, une intervention militaire s’est achevée en octobre?2011 en véritable chaos. Déjà, avant l’intervention militaire, la Libye était la plaque tournante de l’immigration venue du Moyen-Orient et d’Afrique. Après la chute du système Khadafi, ce fut bien pire. Et avec le gigantesque désordre qui a suivi le printemps arabe en Égypte et la guerre civile en Syrie, plus nombreux désormais sont ceux qui décident chaque soir de tenter l’aventure de la migration, même s’ils savent qu’ils mettent leur vie en péril. Tout, plutôt que rester dans ces pays de guerre et de mort. Aujourd’hui, nous voici confrontés à ce qui est, sans avoir peur des mots, un des plus grands mouvements migratoires qui soient, en tout cas, le plus important du XXIe?siècle. Voici l’Italie prise à la gorge, croulant sous le poids de ces nouveaux arrivants, bouleversée, comme bien d’autres, devant ces morts inutiles, ces corps emballés dans des housses macabres, ces pauvres gens hébétés. Voici l’Europe tout entière dans le piège. Que faire?? Jusqu’où ira le tsunami des réfugiés, et comment y faire face?? Les bons sentiments ont longtemps servi d’alibi à la réalité qu’affrontent depuis longtemps des habitants de l’île de Lampedusa, ou des ports de Sicile. Aujourd’hui, impossible de fermer les yeux devant cet exode massif. Impossible de laisser l’Italie assumer seule, en Europe, cette charge trop pesante. “Infaisable aussi, pas seulement parce qu’aucun continent ne peut accepter toute la misère d’un autre, mais aussi parce que ce serait risquer d’autres désordres, dont, partout en Europe, la montée des partis d’extrême droite” Repousser les migrants, les condamner à mort en leur refusant assistance, les ramener de force sur les côtes qu’ils viennent de quitter?? Difficile d’en supporter l’idée dans nos pays démocratiques. Ouvrir les portes à tous les malheureux du monde?? Accepter que des trafiquants le plus souvent connus comme proches de Daech chargent leurs pauvres chalutiers jusqu’à la gueule pour expédier leurs cargaisons humaines de l’autre côté de la Méditerranée, recevoir tous ceux qu’ils veulent bien nous expédier, après les avoir dépouillés et exposés au pire?? Infaisable aussi, pas seulement parce qu’aucun continent ne peut accepter toute la misère d’un autre, mais aussi parce que ce serait risquer d’autres désordres, dont, partout en Europe, la montée des partis d’extrême droite. Alors?? Alors l’Europe est bien obligée de prendre le problème à bras-le-corps, de mettre fin à sa cécité, à celle de ses dirigeants, qui ne sont pas parvenus jusqu’ici à définir une politique migratoire commune. Jeudi, un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens, réuni à la demande de Matteo Renzi, doit se réunir à Bruxelles. Dès lundi, une dizaine de propositions étaient mises sur la table par la responsable de la politique étrangère et de la sécurité européenne, l’Italienne Federica Mogherini?: renforcement des opérations de contrôle et de sauvetage qui existent déjà, destruction des embarcations utilisées pour le transport des migrants, arrestations des trafiquants d’êtres humains, répartition des migrants entre les différents pays européens, renvois rapides des candidats à l’immigration non autorisés à rester dans l’Union européenne, coopération avec les pays d’origine et de transit pour réguler les flux migratoires. Comment ne pas être sceptique sur l’efficacité de ces mesures?? Comme l’a dit le président du Conseil européen, Donald Tusk, il serait risqué d’attendre des solutions rapides aux causes profondes des migrations, parce qu’il n’y en a pas?: “S’il y en avait, nous les aurions mises en œuvre depuis longtemps”. Pas de solution magique, en effet. Simplement, l’appel à la responsabilité des pays européens. De ce point de vue, la réaction d’Angela Merkel sera significative?: à la tête d’un gouvernement d’union nationale, où les chrétiens-démocrates gouvernent avec les socialistes, elle ne craint pas les critiques de l’opposition. C’est impossible en France, ou dans d’autres pays où la politique de l’immigration est l’objet de surenchères permanentes. Une nouvelle fois, serait-il possible que, dans ces problèmes compliqués, qui mettent en cause les équilibres de nos sociétés, une sorte d’union nationale se dégage, au moins pour définir sur ce point précis un chemin commun, le moins mauvais possible?? Puisque hélas, il ne semble pas y en avoir de bon.

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Des femmes pour Hillary
4 mai, 2015, 16 h 29 min
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La couverture sociale étonnamment faible des Américaines devient enfin un sujet d’actualité. Hillary Clinton a pris beaucoup de temps pour annoncer sa candidature à la présidentielle américaine. Mais si elle s’adresse aux femmes, comme sa campagne semble l’indiquer, la Maison-Blanche devrait être à sa portée. Les femmes sont plus nombreuses à voter que les hommes. Elles détiennent également les clés de l’avenir économique du pays. Madame Clinton a pratiquement ignoré son propre sexe lors de sa campagne de 2008. La perspective d’élire le premier président noir de l’Amérique a éclipsé cet autre plafond de verre. Parce qu’elle semble familière, il est facile de sous-estimer sa capacité à intéresser les femmes en 2016. Aux États-Unis, les hommes noirs ont eu le droit de vote plus de cinquante ans avant les femmes. La participation des Noirs en 2008 a largement contribué à l’écrasante victoire de Barack Obama. Les femmes peuvent faire de même pour Madame Clinton. L’écart entre les taux de participation est déjà très important (63,7?% des Américaines ont voté en 2012, contre 59,8?% des hommes). Si Madame Clinton pouvait gagner deux points, ses chiffres électoraux seraient décisifs. Le vote des femmes est la mine d’or possible de Madame Clinton. Mais c’est aussi son risque. Tout sentiment qu’elle favorise une tranche de l’électorat — même si elle en représente plus de la moitié — pourrait se retourner contre elle. Beaucoup de femmes (et d’hommes) voient Madame Clinton comme une manipulatrice qui doit sa carrière à son mari. Les femmes sont plus démocrates que républicaines, mais la plupart ne votent pas selon le genre du candidat. “Aux États-Unis, les hommes noirs ont eu le droit de vote plus de cinquante ans avant les femmes” En outre, à 67 ans, Madame Clinton souffre de son âge. En 2008, lors des primaires démocrates, les jeunes femmes ont plus voté pour Monsieur Obama que Madame Clinton, même si les femmes dans leur ensemble ont plus voté pour elle. Elle ne peut donc pas s’attendre à remporter leurs suffrages simplement en déclarant que son élection serait historique. Elle devra susciter des espoirs chez les femmes sans s’aliéner les hommes. Une majorité des deux appartiennent à la classe moyenne pressurisée. Il fut un temps où promettre de relancer l’industrie américaine suffisait. Mais la plupart des électeurs ont le sentiment que les “étaiements” sont chimériques, du moins en termes d’emplois. Par ailleurs, Madame Clinton a tenté cet argument en 2008 et a perdu. La plupart des emplois d’ouvriers qui ont disparu étaient masculins. Le défi qui se présente à Mme Clinton dans cette période post-crise est très différent. Les femmes sont les premières à occuper des emplois à temps partiel dans les secteurs précarisés. Elles ont aussi de plus mauvais contrats que dans la plupart des autres économies avancées. Les Américaines sont les seules dans les démocraties riches à ne pas bénéficier d’un congé maternité rémunéré, du soutien du gouvernement fédéral pour les services de garde d’enfants, et n’ont droit qu’à une très faible protection lorsqu’elles sont enceintes. Une loi adoptée lors de la première année de la présidence de Bill Clinton accorde aux Américains 12 semaines de congé parental non rémunéré. Il n’y a rien eu depuis. Pratiquement aucun homme ne les prend, selon le Center for American Progress, un groupe de réflexion de Washington. Peut-être qu’ils les prendraient si cela valait le coup. Mais le véritable scandale est la chute du taux d’emploi des femmes. Jusqu’en 2000, le taux de la population active féminine était comparable à ceux des autres pays. Depuis, il chute, alors qu’il continue de grimper ailleurs. Seulement 75?% des Américaines entre 25 et 54 ans travaillent, par rapport aux 79?% dans les 22 autres pays avancés. Une des principales raisons est la faiblesse des avantages des femmes. “Les Américaines sont les seules dans les démocraties riches à ne pas bénéficier d’un congé maternité rémunéré, du soutien du gouvernement fédéral pour les services de garde d’enfants, et n’ont droit qu’à une très faible protection lorsqu’elles sont enceintes” En Allemagne et au Canada, l’écart des salaires entre les hommes et les femmes est beaucoup moins important qu’aux États-Unis. C’est en partie parce que beaucoup plus d’hommes prennent un congé parental. C’est aussi parce qu’aux États-Unis, les services de garderie sont beaucoup moins développés. Dans la moitié des États américains, le coût de garde de deux enfants est en moyenne plus élevé que le prix d’un logement. Pas étonnant que tant de femmes cessent de travailler. À cet égard, la candidature de Mme Clinton arrive à point nommé. Le plus gros problème économique auquel l’Amérique fait face est sa classe moyenne stagnante. Ce sera probablement la question clé lors de l’élection présidentielle de 2016. Le remède le plus évident est d’attirer plus de femmes dans la population active, et qu’elles y restent. Plus la population active est importante, plus la Réserve fédérale américaine peut maintenir les taux d’intérêt bas sans déclencher une inflation. Plus les femmes sont sécurisées dans leur emploi, moins les rotations d’effectifs pèsent sur le chiffre d’affaires des entreprises. Cela coûte beaucoup plus cher de trouver et former de nouveaux employés que de les retenir avec des avantages sociaux décents. L’argument économique est une évidence. Les États-Unis ont une génération de retard dans ce domaine. Mais ce sera certainement plus difficile de le présenter politiquement. Ces dernières années, les démocrates, y compris Mme Clinton, ont mis l’accent sur la “guerre contre les femmes” des républicains. Les États contrôlés par les républicains ont en effet mis en place des obstacles à l’accès à l’avortement, et ont également restreint l’accès à la contraception. Mme Clinton pourrait être tentée de poursuivre cette rhétorique. Ce serait une erreur, car les républicains le feront eux-mêmes. Elle devrait se concentrer sur l’économie américaine. Les problèmes des femmes ne sont plus seulement des questions de femmes, s’ils l’ont jamais été. Leur bien-être économique est une clé pour relancer la croissance du pays. Plus Madame Clinton convaincra d’électeurs et plus elle pourra contrôler les débats.

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